Le temps des cigales 1

Chaque année, bien évidemment à la même époque, arrive le temps de la Cigale.

En premier, j’en entends une ou autre au loin, souvent entre le 15 et le 30 juin. Je dis « une » mais en fait il n’y a que le mâle qui chante (la femelle est muette). A chaque fois ce même sentiment que l’été est là.. Et la vendange plus très loin..

Puis c’est dans mes souches que se confirme leur arrivée, plus précisément quand j’ébourgeonne ou épampre (ici on dit « esbroutigne »).

Concrètement le jeu de l’Ebourgeonnage ou de l’Epamprage consiste à plonger la tête dans chaque souche, l’une après l’autre, et retirer tous les bourgeons ou pampres « gourmands ». Ceux-là ont la fâcheuse idée de pousser d’en haut en bas du tronc et des bras, plus particulièrement sur les muscats. L’enjeu ? Garder toute la force de la vigne pour la production et le développement du raisin, conserver un environnement suffisamment aéré pour une meilleure santé du fruit.

La difficulté de ce travail ? Sa longueur : environ 4000 souches par hectare, une position pénible, la chaleur du soleil à cette époque, la précision du geste pour respecter la future récolte.

Beaucoup de plaisir et de surprise quand même : la découverte d’un nid avec ses œufs voire ses oisillons. Et voilà que j’arrête mon travail sur la souche, je prends quelques instants pour observer, je laisse un signe pour revenir et le montrer prudemment à mon fils.

Martin Vigneron Coopérateur