Du 16 au 21 août : Derniers Contrôles.
Derniers Contrôles avant le Rush
Attention au Big Bazar : les vendanges vont commencer !!
Pas le style gros souk !! Non, plutôt, épicerie fine : bien ordonnée avec le souci du détail. Je m’explique.
Déjà toutes les parcelles de tous les vignerons ont été inspectées. En fonction du rendement, du terroir, du mode de conduite, de l’état général et de l’historique, elles ont été classées et affectées à une catégorie. Près de 70 catégories au total si ma mémoire est bonne, parce qu’un même cépage peut intervenir dans la production de plusieurs vins, et que plus on sépare les « potentiels » différents et plus on dispose de qualités optimales à la production de types différents de vins. Exemple du grenache noir : il participe à l’élaboration du vin de Pays, du Côte de Roussillon (rouge et rosé), du Côte de Roussillon Villages et même du Rivesaltes. Et si en plus on prend en compte, par exemple, l’existence de plusieurs bouteilles de « Villages » dans notre gamme (ex. Dom Brial fût de chêne, Terrasses, Terres Rouges, San Estéban, et Millésimes) on comprend vite la complexité de l’affaire.
De plus notre cave ne dispose pas de pléthore de quais ni de pressoirs : l’organisation de la vendange s’appuie sur un strict calendrier d’apport, jour par jour, catégorie par catégorie. A la charge du vigneron d’amener une récolte, bien évidemment en parfait état, dans le respect du calendrier et du degré demandé.
Voilà l’enjeu : surtout ne pas se tromper. D’abord pour la qualité de notre production et puis, plus prosaïquement parce que, une benne de muscat qui n’atteint pas son degré peut être déclassée et m’être payée quatre fois moins cher !!
Alors cette semaine-ci, j’ai passé donc de longs moments dans mes vignes pour surveiller cette maturité.
L’estimation du degré oblige à prélever manuellement un échantillon de grains le plus représentatif. Environ 200 grains minimum conseillés, pris alternativement à droite, à gauche dans la rangée, en haut et en bas de la grappe, devant et derrière, bien répartis dans toute la parcelle !!
Tout ça est passé au mixeur à la cave ou dans mes petits doigts si je le fais moi-même. Puis le jus est contrôlé au réfractomètre, petite lunette qui me donne un faux air de Galilée dans les vignes.
Tout cela parcelle par parcelle, en fonction de l’état d’avancement du cépage (puisque je ne récolterai le mourvèdre que dans un mois, je ne le contrôlerai que plus tard).
L’idée est également de suivre l’évolution : je prends certaines parcelles comme références et je fais une observation chaque semaine. Ainsi donc, en une semaine, mes muscats ont pris 8 dixièmes, mes syrahs presque 1 degré et demi..
Cette semaine ? 17 contrôles sur mes 34 parcelles.
L’avancement s’observe aussi avec la « maturité phénolique ». En gros, le degré est un élément d’information nécessaire mais pas suffisant. Cette maturité là s’évalue en observant et en goûtant le grain, son jus, sa peau et même ses pépins. Un pépin de raisin bien mûr a un goût qui rappelle la noisette !?!
C’est là le bon côté de cette vie : goûter quelques grains bien frais, de bon matin, en prenant son temps, s’arrêter au figuier à côté du cabanon, et accompagner le tout de quelques amandes de l’année dernière, ramassées sous l’arbre.
Bon, c’est pas tout cela, mais comme on dit : « j’ai un métier moi, Messieurs-Dames : faut-que-j’y-retourne ».
Alors, mes sincères salutations..



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